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Gand, le 5 février 2010
L’écrivain gantois francophone Gilles Steen (pseudonyme) vient de publier son premier roman aux Editions
Edilivre-Aparis, à Paris (France). Intitulé Le Tigre du Platane, ce livre relate le récit
d’un homme confronté à l’agonie de son père en même temps qu’il découvre, à
travers un chassé-croisé trépidant, l’horreur des secrets de famille les plus inavouables.
Un avant-goût en guise d’extraits ...
Je sais aujourd’hui que son départ ne changera rien à ce qu’il me reste de vie. Je l’observe décrépir.
A travers son agonie, je me laisse encore harceler par le doute, obsédé par la forme que pourrait
prendre un acte ultime de loyauté. Pourtant, il n’en fut jamais digne. Mes sentiments s’entrechoquent devant
sa déchéance. J’avoue malgré moi et des années de conflit hargneux, de la pitié
pour la solitude de l’être humilié, à bout de souffle, les joues creuses, les paupières
asséchées et le regard figé devant le trou noir au moment d’en finir. Mais tout le dégoût
et le mépris qu’il a pu m’inspirer ne me ramènent que plus vite à mon propre échec.
N’aura-t-il fallu qu’il se dépérisse pour que je devienne enfin moins rampant à son contact
? En vérité, l’idée de compléter un jour, et peut-être bientôt, cette procession
funèbre, ne me séduit pas plus qu’elle ne m’effraye. Elle s’impose comme une évidence. Il
ne pourra être cette fois question de tentation ou de fuite, j’envisage définitivement cette issue
comme l’apogée logique d’une vie désormais démunie de tout enjeu, de tout défi salutaire.
Ainsi débute ce témoignage troublant à mi-chemin entre le polar et le roman noir. Consultant
en communication d’entreprise et fondateur de sa propre agence de relations publiques, A 39 ans, Gilles Steen est
consultant en communication d’entreprise et fondateur de sa propre agence de relations publiques. Dans ce roman,
il dépeint , d’une plume trempée au vitriol, l’univers des stratèges de la communication qu’il
maîtrise sur le bout des doigts et dont il sait que les limites se situent parfois bien loin de celles prescrites
par la morale.
La première partie du récit se déroule comme un huis clos angoissant voire asphyxiant par
instant. Désabusé, son personnage principal nous laisse pénétrer dans son univers désolant,
pour nous faire comprendre qu’il ne se relèvera jamais totalement des blessures de son enfance. Simultanément,
il nous distille quelques indices d’une intrigue qui ne se dévoilera qu’après plusieurs rebondissements
effrayants.
Cette chronique (crépusculaire) démarre le 27 septembre au soir, à Amsterdam. Une vieille
folle édentée aux cheveux gris jaune vient d’achever son numéro de cracheuse de cerceaux de
flammes sur la terrasse humide et presque déserte de la Nieuwmarkt. Un homme s’assied près d’elle.
Je suis cet homme. Elle ne bronche pas. Elle vient pourtant de me haranguer et de manquer de me carboniser la face,
tout en éructant des sirènes de hurlements- apparemment impassible aux réactions des passants.
Puis elle m’a vu prendre une chaise, m’asseoir calmement face à elle. Elle s’est tue, m’a contemplé
de ses yeux hésitant entre rire et désespoir. Je viens de lui parler durant de longues minutes dans
une langue qu’elle ignore totalement. Elle a trébuché sur les turbans multicolores qui ornent ses
cheveux gris, épars et gras. Elle s’est précipitée de s’esclaffer de ses propres déboires,
feignant de se moquer tranquillement de sa solitude. Suffisamment imbibée de bière pour ne plus sentir
qu’elle s’est foulé
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